L'église de Houdan
Historique des Grandes Orgues de Houdan.
Historique de l'Eglise Saint Jacques et St Christophe

 

 

 


L’église Saint-Jacques et Saint-Christophe

HISTORIQUE :

L’église actuelle n’est pas le premier édifice religieux bâti au sein de la ville de Houdan, c’est même vraisemblablement le quatrième et le second à l’emplacement actuel
La première église fut construite au XIème siècle, en effet une lettre datée de 1105 d’Amaury III précise que son père Simon Ier avait fait édifier deux églises à Houdan ; une église Saint-Jacques, à l’emplacement de l’église actuelle et une église Saint-Jean, disparue depuis, elle était située dans l’enceinte du cimetière actuel.
Une autre chapelle dédiée à Saint-Matthieu fut édifiée dans le quartier de Houdan qui porte encore son nom, ses vestiges furent détruits en 1860 lorsque le chemin de fer s’installa dans la ville.

Le projet de construire l’église actuelle démarra le 18 juin 1517, lorsque le Vicaire Général de Chartres (Houdan dépendait à cette époque de l’Evêché de Chartres) accorda :

« 40 jours d’indulgence aux Marguillés de l’église de Houdan et aux fidèles qui donneront de leur argent pour la construction et l’ornement de l’église paroissiale ».

Houdan était devenue une ville riche surtout grâce au commerce du grain, cet appel fut donc suivi de nombreux dons, la construction commença rapidement, on peut la situer entre 1525 et 1540, d’abord par le pignon de la façade puis les murs de la nef jusqu’au transept.


· 1545 on commença la deuxième tranche, elle concernait le chœur
Le nom du maître d’œuvre ne nous est pas connu mais Régnié Métezeau est cité à trois reprises dans les livres de compte de 1552, 1555, 1556.
Le vitrail de Saint-Sébastien situé au dessus de la porte de façade du côté droit date de cette même année
· 1561 on avait établi les terrasses des chapelles, puis ensuite on commença la construction des chapelles qui furent terminées vers 1610.
· 1582, la Fresque de Notre Dame de Montserrat, redécouverte en 1949 sous un badigeon jaune.
Vaste peinture murale (4,60m x 4,10m) représentant le pèlerinage d’une trentaine de houdanais à Notre Dame de Montserrat (Mont Scié) en Catalogne (Espagne).
Les noms de certains pèlerins figures encore sur la fresque, ils étaient marchands, artisans, cordiers, cordonniers et tourneurs, dont un était unijambiste et cinq religieuses ; on peut noter qu’il n’y a aucun notable ou seigneur.
Nous savons que ces houdanais entreprirent ce pèlerinage pour invoquer la Vierge afin que cesse le fléau qu’était la peste et qui sévissait dans la région de Houdan.
Par contre, nous ne connaissons pas avec certitude la raison du choix de Montserrat, en effet, Houdan était, et est toujours, une étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.
Partis de la « Croix des Pèlerins » le 14 juillet 1982, quatre cent ans plus tard, cinq houdanais firent la totalité de ce pèlerinage à pieds, ils ne mirent que 45 jours pour parcourir les 1200km et retrouver à Montserrat d’autres pèlerins qui eux, utilisèrent des moyens plus rapides et plus modernes : bicyclette pour l’un, car et voiture pour une centaine d’autres.
C’est à l’occasion de ce pèlerinage qu’ils ramenèrent la très belle statue de la vierge noire la « Moreneta » placée sur l’autel en face de la fresque dans la chapelle de Montserrat.

· 1617 les arcs boutants sont terminés seule reste la voûte à finir.
· 1633 le 6 juin la voûte du chœur s’effondre.
· 1647 après réfection la voûte est terminée


· 1670 Les marguilliers passent alors la commande du maître autel au menuisier de Houdan Thomas Rousseau ainsi que la commande du tableau central « l’Adoration des Mages » ou « l’Adoration des Trois Roy » au peintre Louis Licherie :

« Noble homme Maistre Hérosme Foretz, conseiller du Roy, bailly lieutenant particulier, assesseur criminel audit Houdan, honorable homme Jehan Collet, bourgeois de cette ville, et Melaine Bonnet, Maistre chirurgien de feu son Altesse Royale d’Orléans, tous trois marguillés… on fait faire le Rétable de bois qui est au Maistre Hostel par Thomas Rousseau, Menuisier audit Houdan, qui a coulté à ladite fabrique la somme de quinze cents livre, de plus nous avons acheté un Tabernacle tout doré à Paris qui a coulté quatre cents livre rendu icy, de plus un tableau de deux cents livres, l’Adoration des Trois Roy, fait à Paris par Mr Licherie ainsi qu’il appert par les quittances… »

Louis Licherie était né à Houdan le 6 juillet 1629, il fut l’élève en 1666 puis devint le collaborateur de Charles Le Brun, il entra à l’Académie le 18 mars 1679 et se maria le 10 juin 1680.
Membre fidèle de l’Académie renouvelée, il y fut nommé professeur adjoint en 1681 mais également professeur aux Gobelins. Il mourut à Parsi en 1687.



C’est un autre houdanais Roger Carli Peintre Restaurateur, agrée des Musées de France et des Monuments Historiques qui a eu le privilège de le restaurer en 1993.
Dans la revue Houdan N°16 datant de 1993 Roger Carli fit, entre autres, les confidences suivantes :
« Le tableau de Louis Licherie, par sa composition est très proche de Rubens dans plusieurs de ses tableaux d’Anvers, Bruxelles ou Malines. A l’époque de l’artiste, cette conception toute nouvelle était issue du Concile de Trente. La Vierge n’est plus en prière devant l’Enfant, elle le présente, assise sur une sorte de trône.
Au fil des années, le tableau se dégradait. L’image peinte était faussée par des retouches maladroites et des modifications de personnages.
Pendant plus d’une année, la restauration du tableau de Licherie m’a procuré beaucoup de satisfactions. C’est une œuvre magnifique tant du point de vue iconographique que coloristique. La palette est riche, le modelé des carnations est délicat. Il faut souligner également que Louis Licherie était un peintre de miniatures et, là, le travail du Maître est remarquable dans cette peinture d’une extrême finesse. Bel ouvrage de la technique française du XVIIème siècle, richesse insoupçonnée de notre patrimoine, je suis heureux et fier, par mon modeste travail, de lui avoir rendu hommage. »

 

· 1672 l’église reçoit son maître autel.
· 1675 Adjonction sur le maître autel des deux anges musiciens œuvres de Jean-Baptiste du Moulin et réalisées en 80 jours pour une somme de 40 sols par jour.
· 1712 Reconstruction de la voûte de la nef, de certains piliers et du mur qui ferme le transept gauche.
Pour ces importants travaux les marguilliers s’adressèrent au « Révérend Frère Romain » (1646- 1735), frère dominicain qui avait à l ‘époque la fonction d’inspecteur des ponts et chaussées et de directeur des bâtiments du Roy pour la généralité de Paris.

Puis vinrent ensuite les commandes pour l’aménagement intérieur :
· 1734 les Grandes Orgues à Louis-Alexandre Clicquot.
· 1744 le banc d’œuvre et la « cheire à prescher » à Pierre Fillastre.
· 1747 les stalles du chœur à Robert Lisant et l’aigle sculpté du lutrin à Bachelier.
· 1777 la réfection de la voûte de « Monsara » qui menaçait de s’écrouler.

· Sous la révolution le 20 prairial de l’an II (8 juin 1794) à l’instigation de Robespierre, l’église de Houdan fut fermée aux cultes avec deux mille trois cent quarante cinq autres églises de France, et sera transformée en Temple de la Raison, comme en témoigne encore l’inscription toujours visible sur son fronton et qui est assez exceptionnelle placée à cet endroit, elle rappelle ainsi cet épisode de l’histoire :

« Le peuple Français reconnoît l’existence de l’Etre Suprême et de l’immortailté de l’âme »

Ce culte prendra fin cinquante jours plus tard le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) avec l’exécution de Robespierre.

· Les deux confessionnaux situés dans les chapelles Sainte-Geneviève et Sainte-Célestine datent eux aussi du XVIIIème siècle.

Il aura donc fallu près de 250 années pour que l’église Saint-Jacques et Saint-Christophe soit pratiquement terminée et en bon état mais cette longue période nous permet au moins aujourd’hui de voir la transition qui s’est opérée avec harmonie entre le style gothique et le style renaissance.

Et puis aussi, il faut savoir que ce sont les houdanais et eux seuls qui ont entièrement financé les travaux de leur église sans aucune contribution des seigneurs ou des membres du clergé, comme cela fut le cas pour de nombreuses églises de l’époque.

 


Au XIXème siècle, on peut noter en :

· 1816 commande et bénédiction le 15 octobre d’une nouvelle cloche fondue par Louis Cancel fondeur à Lavencourt (haute Marne).
Elle pèse 2140 livres et elle se nomme Marie-Thérèse.
· 1818 commande d’une seconde cloche fondue probablement par Osmont du Bois à Paris.
Elle pèse 847 livres et elle se nomme Marie.

Avant la révolution de 1789 il y aurait eu quatre cloches à Houdan, on n’a retrouvé la trace que d’une seule qui avait été fondue en 1730 par Jean Brocquard elle pesait 336 livres mais elle dut être refondue en 1744.
On peut également noter qu’en 1532 vivait un fondeur de cloches à Houdan, Jean Le Royer (fondeur des cloches de la Celle les Bordes).

· 1862 pose du vitrail situé dans la Chapelle Sainte-Célestine, offert par Monsieur Flèche, il s’y fit représenter avec sa famille sous les traits de Saint-Etienne, Saint-Georges, Sainte-Catherine et Sainte-Célestine.
· 1873 l’achat par la fabrique de l’orgue de chœur, construit par John Abbey.

Mais qu’elle est belle cette église, comme nous le confirme de nombreux visiteurs ; le célèbre sculpteur Auguste Rodin l’a d’ailleurs comparé au XIXème siècle à : « une traîne majestueuse », lorsqu’il exécutait des croquis de celle-ci à l’occasion de ses nombreux arrêts à Houdan ; croquis toujours conservés précieusement au Musée Rodin à Paris. A l’époque l’artiste logeait à l’Hôtel de la Coupe d’Or, rue du Mont Rôti, auberge disparue depuis.

On peut, par contre, se rendre compte hélas ! Que le manque d’argent de la fabrique, à la fin du XVIII et au XIXèmes siècles, fut certainement la cause de la non-finition du clocher ainsi que de l’absence du bras gauche du transept !.


Depuis le début du XXème siècle, c’est à la municipalité de la Ville de Houdan, devenue propriétaire de l’église après la séparation de l’Eglise et l’Etat, en application de la Loi de 1905, d’assurer l’entretien de ce si bel édifice classé Monument Historique en 1840.

· 1er août 1906, le clocher menace de s’écrouler et le maire doit interdire la circulation à sa base. Les travaux sont alors effectués.
· 1925, les toitures sont refaites les unes après les autres mais c’est surtout à partir de 1958 que des travaux importants sont exécutés et sauvent l’édifice dont certaines parties au dire de l’architecte des monuments historiques étaient :
« si pourries d’humidité qu’un coup de pied suffirait à tout faire descendre » .
· 1958, on refait les fenestrages du chœur.
· 1962, la voûte de l’abside au-dessus de l’autel, qui fut à cette époque endommagé par la chute d’un pendentif.
· 1965 Electrification des cloches.
· 1967, la couverture du chœur du transept et d’une partie de la nef.
· 1968, les fenêtres des bas côtés et la rosace de la façade.
C’est également à cette époque que Jean Juffroy menuisier à Houdan a reconstruit à l’identique les deux portes situées de chaque côté de l’église ainsi que l’ensemble du bas du portail principal avec la petite porte de façade.
Les parties hautes du portail principal, sont elles par contre d’époque, elles datent de la Renaissance.


· 1972 l’église retrouve sa clarté première grâce à des verrières neuves dans lesquelles ont été insérés des fragments de vitraux du XVIème siècle.
· Vers l’année 1975, le nouvel autel a été mis en place, il a été réalisé à partir de panneaux de boiseries en chêne datant du XVIème siècle, provenant probablement d’un ancien coffre, panneaux légués par testament à l’église de Houdan par Madame Pinchon.
En façade on trouve cinq panneaux, représentant au centre le Christ avec un calice il est entouré des quatre évangélistes. Les deux panneaux latéraux de gauche représentent Saint-Jacques en pèlerins et Saint-Jean avec un calice, les panneaux latéraux de droite représentent Saint-Pierre avec les clés et Saint-Paul avec une épée.
· A la fin du XXème siècle de nombreux travaux de restauration ont aussi été entrepris par les différentes municipalités : couverture du clocher et des chapelles, restauration du coq, mise aux normes de l’électricité, de l’éclairage avec pose d’un chauffage au sol, reprise de la maçonnerie de la façade, des arcs boutants, des gargouilles ainsi que la croix du pignon.

Au début de ce siècle :

- amélioration du chauffage par la pose de radians verticaux.

 

Dimensions :

L’édifice est long de 50 mètres, la largeur de sa partie constituée par la nef est de 17 mètres : 7 mètres pour la nef et 5 mètres pour chaque bas côtés, la largeur, à hauteur du chœur est de 28 mètres : déambulatoire et chapelles comprises.
La nef, de l’entrée de l’église jusqu’au transept, fait 17 mètres. La partie réservée aux fidèles est donc restreinte puisqu’elle ne comprend qu’un carré de 17 mètres de côté (largeur de la nef avec les bas côtés et longueur jusqu’au transept).
Le transept fait 7 mètres.
La longueur du chœur proprement dit est presque aussi important que la nef : 16 mètres.
La hauteur de la voûte est de 19 mètres.
Le clocher à une hauteur de 36 mètres.

Chapelles :

Dans le déambulatoire qui entoure le chœur s’ouvrent neuf chapelles, en contournant par la droite on trouve :

- La chapelle de Sainte-Geneviève.
- La chapelle du Souvenir.
- La chapelle du Saint Curé d’Ars.
- La chapelle du Sacré Cœur.
- La chapelle de la Sainte Vierge.
- La chapelle de Saint-Joseph.
- La chapelle de Notre Dame de Montserrat.
- La chapelle de Sainte Célestine.
- La chapelle de Saint Roch.

Origine des matériaux connus :

Le soubassement de l’édifice et les socles des piliers sont en grès tirés des carrières de Gressey à proximité de Houdan, toutes les autres pierres proviennent de Saint-Leu d’Esserent et de Poissy.


 

 

Renseignements complémentaires:

Evêché de Versailles.
Doyenné de Houdan-Septeuil.
Curé : Monsieur l’Abbé Laurent de la TAILLE.
Messes tous les dimanches à 11H.
Fête de la Saint-Christophe avec la bénédiction des véhicules qui sont fleuris à cette occasion.

Enfin, si nous vous avons donné l’envie de venir visiter l’église Saint-Jacques & Saint-Christophe de Houdan, sachez qu’elle est en principe ouverte tous les matins jusqu'à 12H (sauf les lundis) et en période estivale d’été les bénévoles et les membres de notre Association ainsi que ceux du Syndicat d’Initiative Information – Culture – Patrimoine vous y accueilleront tous les dimanches après midi et les jours de fête.

Historique réalisé d’après le livre de “ HOUDAN ” Son Histoire, ses Monuments, sa Vie dans le passé édité par le Syndicat d’Initiative (1982). Mise à jour réalisée par Jean-Pierre HOYET

Photos: Simon Carli