Historique des Grandes Orgues de Houdan
Les Grandes Orgues de Houdan Les grandes orgues de Houdan sont, de nos jours, célèbres dans le monde entier et sont considérées à juste titre comme : “ Les témoins authentiques de l'orgue classique français ”. Construites en l'année 1734, elles
sont l'œuvre de Louis-Alexandre Clicquot, facteur d'orgues du Roy,
né vers 1680 et mort en 1760. |
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Les marguilliers de Houdan s'adressèrent donc, pour construire leur orgue, au meilleur spécialiste de l'époque. La paroisse de Houdan possède encore l'acte original par lequel Louis-Alexandre Clicquot s'est engagé à lui fournir un orgue comprenant 21 jeux.
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“ C'est un orgue de huit pieds de résonnance, qu'il sera fait conformément au dessin de l'orgue de Chevreuse, pour la somme de 3200 livres. Le premier versements de 1 000 livres aura lieu le 1er septembre 1734. Le second à condition que l'orgue commence à raisonner, à la fête de Pâques 1735, et sera parfait (terminé) dans dix-huit mois à dater de ce jour ”... ; ... “ Le troisième paiement de 1 200 livres sera fait six mois après que l'orgue aura été reçu comme parfait et achevé, au jugement d'experts nommés par Messieurs les curé et marguilliers de ladite Eglise ”.
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La
soufflerie comprend trois grands soufflets cunéiformes, toujours
en état de marche. Les travaux commencèrent aussitôt la signature de l'acte, car les deux premiers versements furent effectués aux dates prévues et l'on sait, car de nombreux faits sont là pour le prouver, que les marguilliers de Houdan n'étaient pas hommes à payer en avance sur les conditions prévues par un contrat passé en bonne et due forme. |
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Par contre, en 1738, Clicquot n'avait
pas encore terminé son œuvre. Les marguilliers convoquèrent
donc divers officiers et habitants de la ville de Houdan à la tablette
de l'église et décidèrent de poursuivre Louis-Alexandre
Clicquot en justice pour lui faire parachever son œuvre. Quatre organistes y participèrent : “ lesquels organistes, pour ce mandés et acceptant, après avoir conjointement, visité et examiné les jeux dont ledit orgue est et devait être composé, en vertu du marché qui leur a été remis entre les mains, et après avoir chacun séparément, en présence les uns des autres, touché ledit orgue, en présence du Sieur Curé, des bourgeois et habitants, ont déclaré qu'ils estiment ledit orgue bien fait, composé et accordé en toutes ses parties extérieures et intérieures conformément aux obligations encourues par le sieur Clicquot en exécution de son marché ”. On examina pareillement le travail de Robert Lisant, Louis-Alexandre Clicquot s'étant joint aux organistes comme cinquième expert. Son ouvrage fut également reconnu : “ bien et dûment fait ”. Enfin, fut examiné le point de savoir si les trois
marguilliers qui avaient signé le marché et avaient ainsi
endossé l'obligation de mener l'affaire à bien, pouvaient
eux aussi recevoir quitus malgré l'incident avec Robert Lisant
et les frais supplémentaires, notamment ceux du procès perdu,
qui en avaient résulté. “ consentent d'habonder que la somme contenue audit marché et celle de 425 livres accordée par augmentation audit Sieur Lisant de les mettre en dépense par les Sieurs Chartier, Gigourg, Blondeau dans leurs comptes, de même celle à laquelle ont monté les frais qu’ils ont été obligés de faire contre ledit Sieur Lisant pour l’exécution de son premier marché, en supportant quittance du tout ce qui a été accepté par lesdits Sieurs Chartier, Gigourg, Blondeau, Lisant et Clicquot chacun à leur égard... ” Tout le monde fut donc déchargé officiellement
de ses obligations. “ pour reconnaître la remise des frais du procès que les marguilliers ont gagné contre moi ”. De même, on fut sans rancune vis à vis de
Robert Lisant puisqu'on lui confia quelque temps après la construction
des stalles qui entourent le chœur de l'église.
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C'est grâce à Saint Clair
que l'orgue fut préservé pendant la Révolution, car
il fit admettre que c'était un instrument de valeur qu'il fallait
conserver pour la postérité. Il reprit ses fonctions en
1795 et joua bénévolement les premières années
qui suivirent la reprise normale du culte. En 1802, il fut rétribué
de nouveau mais ne reçut que 68 livres ! Il tint le clavier jusqu'à
sa mort en 1818. Son nom est gravé en haut de l'escalier de l'orgue.
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Une dame, Mme Imbaut, recrutée par le bureau de l'agence de la rue de Sèvres, lui succéda. Elle gagnera 360 francs mais il lui faudra payer sa chambre. En 1824, Mlle Erard, fille du juge de Paix de l’époque,
elle fera fonction d'organiste : elle habitait Houdan, ce qui était
plus simple, on lui allouera 300 francs. Tout cela pour la somme de 200 livres. En 1819, Mme Imbaut, nouvelle organiste, veut un instrument en bon état. Elle s'adresse à un facteur de ses relations, Charles de Momigny, de Châteaudun. Celui-ci fait un devis qui est proposé aux marguilliers de Houdan, le 24 février 1820. En voici la fin : “ l'orgue sera passé au grand accord, à commencer par le prestant, jeu fondamental, ensuite la montre de 8 pieds, les jeux de fonds, les pleins jeux, les jeux d'anches : tous ces jeux parleront dans leur force et harmonie d'une manière à flatter les connaisseurs en musique et en symphonie ”. Le tout pour 375 francs. |
Au
début du XXeme siècle le grand orgue de Louis-Alexandre
Clicquot était devenu quasi- inutilisable. Il faillit être dénaturé en 1931 car le curé d'alors, désirant le moderniser, était entré en relation avec un facteur d'orgues de Dijon, Jules Bossier. Le curé mourut sur ces entrefaites et le vicaire, l'abbé Duval, prit sur lui d'interdire au facteur de continuer le travail commencé. Les tuyaux restèrent entassés en vrac sur la tribune. L'abbé Condé, le nouveau curé, arrêta les frais. En 1937, il y eut encore un échange de lettres où l'on reparla de la restauration des orgues. Mais Bossier n'était pas pressé de donner une suite, la guerre de 1939-1945 mit un point final à cette affaire. |
Les années
passèrent et les grandes orgues de Louis-Alexandre Clicquot demeurèrent
ainsi démontées et sans voix. |
Aussitôt sa restauration achevée,
l'orgue de Houdan suscita un très vif intérêt. Depuis
cette date, chaque année, ce sont des centaines de visiteurs, de
mélomanes, de musiciens, d’organistes, de nombreuses classes
d’orgues avec leurs professeurs et des facteurs d’orgues qui
viennent de tous les continents découvrir et admirer cet instrument.
Pourquoi cet engouement ? “ Les orgues de l'église paroissiale de Houdan sont des plus harmonieuses et des plus belles qui soient, hors de la capitale ”. En second lieu, il s'agit d'un des plus anciens instruments
de France, puisqu'il est de 1734 et qu'au surplus il a été
construit en réutilisant du matériel provenant de l'orgue
Desenclos Carouge, datant de 1667, de la Chapelle de la Charité
de Paris. Le jeu de bourdon de 8 du clavier du Grand-Orgue et une partie
des tuyaux des jeux de Cornets proviennent de cet orgue. |
| Historique
réalisé d’après le livre de “ HOUDAN
” Son Histoire, ses Monuments, sa Vie dans le passé rédigé
par le Général Henri Paris titulaire des Grandes Orgues
de Louis-Alexandre Clicquot de Houdan et édité par le Syndicat
d’Initiative (1982) Photos: Simon Carli. |